Découverte et Immersion dans l’univers acoustique du binaural

C’est une pratique encore largement sous-estimée mais qui n’a rien de nouveau. Depuis des années, le phénomène se répand dans les contrées les plus isolées de l’internet. Il forme ses mécènes et ses fanatiques sans distinction d’origine. Il est universel et parle à tous. Cet univers, c’est celui du binaural.

Le Binaural, c’est quoi ?

Le binaural c’est une nouvelle technique d’enregistrement du son. Elle utilise pas un mais deux ou trois micros pour créer un phénomène sonore inédit, en reproduisant un environnement sonore en trois dimensions. Pas si nouvelle, la technique existait déjà au début du XXème siècle. Mais elle a subit un retour de flamme ces derniers temps avec les différents progrès technologiques, sonores et informatiques et notamment du web qui a permis une démocratisation de l’outil. Aujourd’hui Youtube, Arte et les jeux-vidéos s’emparent de la technique pour produire des expériences toujours plus immersives. Seule et unique condition pour un effet d’immersion sonore décoiffant : l’utilisation d’un casque audio.

Retour sur deux tendances

Le binaural est un puits de créativité et de possibilités sans fin qui a encore de beaux jours devant lui. On le voit déjà se propager avec l’essor de l’ASMR, et le renouvellement des pratiques journalistes. Je pense notamment à arteradio.

L’ASMR

L’ASMR ou Autonomous Sensory Meridian Reponse (qui pourrait se traduire par le farouche néologisme « réponse automatique des méridiens sensoriels »), est une pratique qui se répand de plus en plus sur les internets. C’est un véritable petit monde du zen qui s’est construit là. Un monde underground de l’orgasme cérébral. Insoupçonné et très circonscrit, ce monde a pourtant développé son propre champ médiatique et technique, avec ses stars et ses fans, ses pratiques et ses codes. Il totalise déjà des milliers de vues et chaînes sur youtube. La chaîne Heather Feather ASMR compte plus de 300 000 abonnés et dépasse le million de vues par vidéo, soit plus de 73 millions de vues au total pour cette seule chaîne. D’autres plus modestes comme ASMR Request ou Fairy Char ASMR n’en comptent respectivement « que »  50 et 27 millions au total. Au premier abord, cela peut sembler extrêmement louche, dérangé voire super glauque et flippant (je parle en connaissance de cause), mais en fermant les yeux et en acceptant de se laisser guider, l’effet est incontestable.

Evolution de la côte de popularité de l’ASMR selon les recherches google et le pays

Personnellement je n’ai compris l’intérêt de ce genre de pratique qu’en l’écoutant fatigué, dans le noir, sous la couverture avec un casque audio. A vous d’en juger. N’hésitez pas à avancer la vidéo pour écouter les différents sons produits.

L’objectif de ce genre de vidéos est plus que simple. Il s’agit d’utiliser divers objets pour provoquer une sensation de relaxation intense chez les auditeurs. Tout est bon pour stimuler ce sentiment d’apaisement :  frottements, grincements, crissements, chuchotements, tapotements, compressions, ruissellements…Tout y passe, des vêtements aux cheveux en passant par le plastique, le bois, le papier-bulle, les feuilles d’arbre ou de papier, la lime à ongle, la brosse à cheveux, j’en passe et des meilleures. Car chaque objet, qu’il soit frotté, compressé ou entrechoqué produit un son propre, plus ou moins doux et plus ou moins agréable et qui suscite chez les uns ou les autres un sentiment d’apaisement plus ou moins fort.

ArteRadio

Arté comme a son habitude a su se saisir de ce nouvel outils prometteur qu’est le binaural. Toujours disposée à expérimenter de nouvelles créations, la chaîne a rapidement développé sa gamme de créations sonores très variée.

Des créations apaisantes dans la veine de l’ASMR

Ou plus axées reportage

 

En pointe sur l’innovation et la création de nouveaux contenus liés aux nouvelles technologies, Arte poursuit son exploration auditive en développant sa plate-forme Arteradio, entièrement dédiée aux reportages sonores. Tous n’utilisent pas la technique du binaural, mais tous ont une qualité sonore remarquable. Si les reportages sont plus ou moins captivants, tout l’intérêt repose sur le choix des sujets traités. Les sujets sont évidemment directement choisis selon leur potentiel sonore, leur possibilité d’immersion et l’effet recherché. Ainsi, des sujets qui pourraient paraître relativement creux ou inadaptés au format audio, trouvent finalement un puissant écho grâce au binaural. La sélection des sujets semblent se faire selon plusieurs critères permettant de plonger le spectateur dans le vif du sujet, comme s’il était témoin direct voire acteur de la scène.

Le monde du sport se prête donc naturellement très bien à ce jeu.

C’est le cas du reportage « Dans les gants » au cours duquel l’auditeur se retrouve littéralement dans la peau d’un boxeur.

Ou d’un handballeur:

Ou encore cette œcuménique plongée au cœur du football marseillais:

 

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